Accueil > Infos des paroisses > Saint-Léonard-des-Clairières > Infos du 19 au 27 mars 2022 - Bellême

Infos du 19 au 27 mars 2022 - Bellême

dimanche 27 mars 2022, par Jean-Noël, webmestre

« Imbroglio : dans les yeux de l’enfant, se mêlent la souffrance de la violence subie, le déni de sa parole, et une grande solitude.
Plus tard, devenu adulte, à l’imbroglio de son enfance se rajoutera une colère d’avoir été mis en danger et de ne pas avoir été secouru. Il comprendra que c’est toute la culture d’un système qui a voulu se protéger au lieu de le protéger.
Et son imbroglio ne cesse de se creuser autour de cette interrogation : Pourquoi ne peut-on pas lui rendre justice ? C’est tellement vital pour lui, pour qu’enfin il puisse avoir la paix et que cesse de couler sa larme d’enfance. »
Une personne victime

Petit enfant qui pleure,

Petit garçon qui t’en étais allé servir la messe, plein de fierté, petite fille qui allais te confesser le cœur plein d’espérance du pardon, jeune garçon, jeune fille, allant tout enthousiaste à l’aumônerie ou au camp scout.
Qui donc a osé souiller votre corps de ses grosses mains ? Qui a susurré à votre oreille des mots que vous ignoriez ? Qui vous a imposé cette odeur qui vous imprègne ? Qui a fait de vous sa chose, tout en prétendant être votre meilleur ami ? Qui vous a entraîné dans son secret honteux ?
Petit enfant qui, à jamais pétrifié, pleure sous les voûtes d’une cathédrale, petit enfant des centaines de milliers de fois multiplié !
Quelqu’un t’a photographié. Il permet à beaucoup de te voir, de te regarder. Quelqu’un s’est reconnu en toi, a vu en toi l’image de sa destinée brisée, ravagée. Quelqu’un, en te découvrant un jour, a trouvé en toi un frère ou une sœur grâce à qui il allait pouvoir exprimer ce qu’il portait en secret, ce que tant et tant ont porté et portent sans trouver de mots pour le dire, sans trouver, et moins encore, de cœur pour les écouter.
Petit enfant qui pleure sur un pilier d’église, là où tu devrais chanter, louer, te sentir en paix dans la maison de Dieu,
Nous te regardons. Désormais, nous passerons devant toi en te voyant, en t’écoutant. Ô enfant bafoué, enfant humilié, enfant profané qui survit au fond de tant d’adultes ou adolescent suicidé, nous voulons apprendre à te regarder et à entendre le cri muet de ta souffrance.
Petits garçons, petites filles qui pleurez cachés dans les adultes que tous voient, adolescents murés en un silence qui vous a été imposé, nous vous devons cela. Nous vous le devons sous le regard de l’humanité, sous le regard de notre conscience, sous le regard du Christ notre Seigneur, que vous vouliez chanter de toute votre âme, de tout votre être, et devant qui à jamais vous pleurez.
Il est trop tard pour que nous puissions essuyer vos larmes. Il ne l’est pas de nous souvenir de vous. Votre image placée sous nos yeux, nous voudrions qu’elle imprègne nos âmes. Désormais, je ne peux entrer dans une église, pour y célébrer le mystère de la vie et de l’amour plus forts que la mort, sans porter le stigmate de votre visage qui pleure, si pauvre, si touchant, si seul, si désemparé, et si digne surtout. Tout le bien du monde ne rachète pas les pleurs d’un enfant.
Petit enfant qui pleure, petite fille, petit garçon, adolescente, adolescent, moi, Éric, évêque de l’Église catholique, avec mes frères évêques et les prêtres et les fidèles qui le veulent bien, j’implore de Dieu en ce jour qu’il m’apprenne à vous être fraternel. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
Paroles de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, lors du dévoilement d’une photo dans le sanctuaire de Lourdes le 6 novembre 2021.

Nous portons dans notre prière les défunts de la semaine : Colette Souvray, 92 ans, à Saint-Martin-du-Vieux-Bellême.

[|3e dimanche de Carême - Prière pour les enfants abusés par des religieux|]Samedi 19 mars 2022
18 h 30 messe à la chapelle de l’hôpital

Dimanche 20 mars 2022
10 h 30 messe à l’église Saint-Sauveur de Bellême

Nous portons dans notre prière : Geneviève Arnauld (20è anniversaire), Claude Geslin.

Jeudi 24 mars 2022
17 h messe à l’EHPAD La Rose des vents

Vendredi 25 mars 2022 - Fête de l’Annonciation à Marie
11 h messe à la chapelle Notre-Dame du vieux château (Saint-Santin)

[|4e dimanche de Carême|]Samedi 26 mars 2022
18 h 30 messe à Sérigny

Dimanche 27 mars 2022
10 h 30 messe à Bellême (Collette Souvray, familles Daspres)

Vendredi 25 mars 2022 Pèlerinage pénitentiel en l’église Saint-Sauveur Bellême de 17 h à 20 h

Au cœur de ce Carême, un temps de pause pour relire ma vie personnelle et communautaire à la lumière des sacrements

[|Chemin de miséricorde
Confesser l’amour de Dieu et ses péchés
|]

Tout est là dans ces mots et ce visage.
Alors peut-être, pauvrement, humblement, les scruter lentement. Être, demeurer frappés de stupeur par la souffrance en excès de ce visage, de cette larme, de ces yeux qui implorent. Un malheur, un effondrement ont été imposés, ont fait intrusion dans des existences qui ne demandaient qu’à grandir, vivre faire confiance, se donner.

La parole interdite au-dehors comme au-dedans de cet enfant bouleversant, m’assigne, me convoque, m’oblige à être enfin dé- préoccupée de moi-même, de nous-mêmes, de nos maisons, nos richesses en tout genre, nos affirmations, afin que toute notre énergie soit uniquement du côté de son trop de solitude qui implore notre vérité, notre présence pour de vrai, notre réponse. Pour lui rendre enfin justice.

Grâce à lui, à son visage qui implore, grâce au don de la parole des victimes et des témoins de cette douleur irreprésentable, apprendre à reconnaître le mal, à nommer ce qui fait mourir, à nommer le meurtre de l’âme commis dans nos communautés croyantes, par nos membres, clercs, religieux, religieuses, laïcs, et avoir alors comme unique angoisse le soin des larmes. Apprendre à reconnaître la parole corrompue, la foi au Dieu vivant dévoyée, défigurée. Comment survivre si cet enfant, dans son enfance, comme dans sa vie d’adulte, ne trouve pas auprès de lui quelques humains capables d’honorer sa confiance, sa vie ? C’est bien lui, en son immense vulnérabilité, en son exposition sans défense, qui exige que nous soyons enfin fiables, vrais, humains, dans les profondeurs de son chagrin.

Que cet intense visage de l’enfance humiliée me poursuive, nous hante même, chacun de nous, qui portons une responsabilité, d’une façon ou d’une autre, jusqu’à ce que nous ayons fait se rencontrer la justice et la vérité. De toutes les façons qu’il continue de m’habiter, de me déranger, veilleur silencieux et insistant de mon propre cœur, de mon engagement en faveur des « droits humains à protection absolue », afin que, petit ou grand manipulé, traité en objet, chacun puisse dans mon Église, dans ma communauté, devenir un « grandissant », un sujet libre de sa vie de la plus haute dignité, simplement.
Sœur Véronique Margron