Parole pour un dimanche - 8 novembre 2020

, par Jean-Noël, webmestre

Chers Amis,

Voilà de nouveau le confinement. Comme en mars, nous vous envoyons une méditation pour ce dimanche.

Les trois prêtres vont bien. Nous correspondons par mail et téléphone et, si le confinement se prolonge, nous reprendrons la visio-conférence. Nous préparons en ce moment le journal « Paroles de vie » nº 43 qui paraîtra fin novembre.

Nous visitons, avec toutes les précautions nécessaires, les personnes seules, âgées ou malades que nous connaissons. N’hésitez pas à nous signaler les personnes qui souhaiteraient notre visite. Nous pouvons aussi leur porter la communion et, éventuellement célébrer l’Eucharistie chez elles (6 personnes, masques, distanciation).

Notre évêque va bien, il est confiné à l’évêché mais notre vicaire général, Philippe Pottier, a eu le Covid-19 et a été hospitalisé. Prions pour lui et pour le père Daniel Beauval retenu au lit depuis plusieurs semaines à Montligeon. Demeurons en communion de prière et de fraternité. N’hésitez pas à faire appel à nous pour un service. Nous sommes disponibles.

Vous pouvez suivre ce dimanche la messe de notre évêque sur la web TV du diocèse à 11 h ou la messe du jour du Seigneur sur France 2.

François, Raymond, Jacques


Les célébrations dominicales sont suspendues durant le mois de novembre 2020.

Dimanche 8 novembre 2020
32e dimanche du Temps ordinaire

Sg 6, 12-16 ; Ps 62 ; 1 Th 4, 13-18 ; Mt 25, 1-13

Se préparer à l’ultime rencontre

La fête de la Toussaint a mis en lumière notre vocation chrétienne à la sainteté et nous a fourni une feuille de route pour y parvenir : les béatitudes. Le lendemain, l’Église nous invitait à prier pour tous les défunts, spécialement pour ceux qui ont besoin de notre intercession afin que l’Esprit leur procure le courage de dépouiller le « vieil homme » pécheur qui les maintient captifs et qu’ils aient la nécessaire humilité pour accueillir la miséricorde de Dieu. Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent l’horizon vers lequel nous marchons : la rencontre en plénitude avec Dieu.

Gouverner, c’est prévoir et prévoir, c’est regarder devant

Chacun de nous est appelé à gouverner sa vie. Nous sommes sans cesse invités à faire des choix, à prendre des décisions qui nous engagent. Le livre de l’Apocalypse a cette parole lumineuse : « Heureux, dès à présent, les morts qui meurent dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leurs peines, car leurs actes les suivent » (Ap 14, 13). Si nos actes nous suivent, c’est donc que le Seigneur tient compte de notre liberté et de notre responsabilité dans la conduite de notre vie. Mais, quoiqu’on en dise, notre liberté a ses limites qui est le respect des autres, gage d’une paix sociale, et notre responsabilité ne s’exerce-t-elle pas dans le discernement, la prudence et la sagesse pour anticiper les conséquence, prévisibles de nos actes et de nos paroles ? Dans sa fresque du jugement dernier, saint Matthieu indique que ce sont nos actes, libres et responsables, qui, devant Dieu, nous jugent : « Chaque fois que vous l’avez fait [le bien ou le mal] à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

Dieu est déjà là et pourtant il se fait encore attendre

La promesse du Christ ressuscité « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » est réalisée. Nous le reconnaissons dans la foi. Le concile Vatican II le rappelle dans sa constitution sur la Sainte Liturgie : « Le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du prêtre (…) et, au plus haut point sous les espèces eucharistiques et dans les sacrements. Il est là présent dans sa Parole, car c’est Lui qui parle tandis qu’on lit, dans l’Église les Saintes Écritures. Il est là lorsque l’Église prie et chante les psaumes, lui qui a promis : “Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux”. » (SC nº 7).

Si le Christ ressuscité se rend, dès aujourd’hui, présent à nos vies, c’est dans le clair-obscur de la foi et pas encore dans la pleine lumière. Saint Paul le rappelle : « Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, [ayant traversé la mort avec le Christ], nous le verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu » (1 Co 13, 12).
Nous sommes donc en attente du Jour de Dieu où il se révèlera à nous en plénitude et, comme l’indique saint Jean « nous seront semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3, 4).

Faire provision de carburant

En racontant la parabole des jeunes filles dont les unes sont prévoyantes et les autres insouciantes, Jésus attire notre attention sur la préparation de notre cœur pour le jour des noces, le jour de la rencontre ultime avec notre Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Nous tenir en éveil pour déjà reconnaître dans la foi Celui qui vient et frappe à notre porte, n’est-ce pas nous rendre attentifs à nos frères en situation difficile et aux appels qu’ils nous lancent. Ne s’agit-il pas de tenir nos sens — l’ouïe et la vue — éveillés ?

Nous tenir éveillés dans la vie familiale et la gestion de nos biens, n’est-ce pas faire preuve de générosité et de partage ? Nous tenir éveillés dans la vie professionnelle et sociale, n’est-ce pas considérer l’intérêt général avant notre propre intérêt ? Nous tenir en éveil dans la vie relationnelle, n’est-ce pas ne jamais nous résoudre à désespérer des autres ? Nous tenir en éveil dans la vie ecclésiale, n’est-ce pas raviver en nous le goût du service et prendre notre part de responsabilité dans l’annonce de l’Évangile et le service du frère ?

L’attente peut être longue. Mais, curieusement, l’huile, qui nous est proposée pour tenir nos lampes allumées, ne se consume que si nous ne nous en servons pas. Nous avons à notre disposition cette huile inépuisable qu’est tout à la fois l’Écriture à lire, écouter et savourer comme un délice, l’Eucharistie et les autres sacrements à accueillir comme le plus beau cadeau que Dieu nous fait puisque c’est sa vie divine qu’il transfuse en nous, et la vie en Église où il nous appelle à faire grandir la fraternité comme signe avant-coureur de l’humanité appelée à être rassemblée et réconciliée dans le Christ : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra comme mes disciples » (Jn 13, 35).

Se préparer dans l’espérance à contempler le visage souriant de Dieu

Le beau texte du livre de la Sagesse, écrit par un juif au moment où la culture grecque pénètre Israël, identifie la véritable sagesse, que tout être humain recherche, avec Dieu. Ainsi, nous est livré comme en filigrane le visage du Père invisible : « La Sagesse [Dieu lui-même] est resplendissante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première. Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera à sa porte. (…) Elle leur apparaît avec un visage souriant » (cf. Sg 6, 12-16).
Comme saint Paul nous y invite, et particulièrement en ce mois de novembre où nous prions pour les défunts, il convient de raffermir en nous l’espérance quand nous sommes abattus par le deuil ou les épreuves. Ce chemin peut être long et Paul nous invite : « Réconfortez-vous les uns les autres », car, telle est notre foi : « Nous serons pour toujours avec le Seigneur » (1 Th 4, 18).

Bon dimanche !
Jacques Roger